Retours d’XP – Star Crossed

Retours d’XP – Star Crossed

Jidériennes, Jidériens, bonjour

Love, love, love.

Qu’en année 2019 l’amour irradie depuis Saint-Maurice-lès-Châteauneuf.

Nous souhaitons apporter, aujourd’hui, notre modeste participation en vous parlant d’amours interdits. Qui n’a pas entendu parler de Roméo et Juliette ne pouvant vivre leur amour au grand jour à cause de deux familles se haïssant les conduisant au suicide ? Ou bien de Rose et Jack que la condition sociale éloigne et qui se finira par un naufrage ?

Alors, ce Retours d’XP va être consacré au jeu Star Crossed d’Alex Roberts qui traite des amours interdits.

Toi, tu es mon autre

Star Crossed est un jeu de rôle pour 2 personnes se jouant à l’aide d’une tour de type Jenga.

Le jeu part du principe que les deux personnages de la fiction sont déjà attirés l’un envers l’autre. Nous ne sommes donc pas là pour se séduire, comme dans Breaking the ice, mais bien pour explorer les gestes, les paroles, les attitudes laissant transparaitre l’amour qu’ils ressentent. Tout l’intérêt du jeu est de savoir qui du cœur ou de la raison va l’emporter. Les personnages vont-ils succomber à leur amour ou vont-ils se résoudre à respecter les barrières qui les enferment ?

Pour la version audio, c’est ici :

Mais moi je l’aime, c’est pas d’ma faute

La création des personnages se fait de manière collaborative. En effet, vous allez devoir répondre à 5 questions dont une à laquelle l’autre personne devra répondre à votre place. De cette manière vous allez apporter conjointement des éléments pour élaborer ensemble vos alter égo.

Cette phase est riche en échange. Elle permet de se mettre d’accord sur ce que l’on attend de la fiction. C’est bien évidemment une façon d’enrichir le personnage, de lui apporter de la profondeur voire de lui donner une orientation à laquelle on n’aurait pas pensé.

Le jeu se concentre sur les personnages, et pour y parvenir, aucun cadre de jeu n’est proposé initialement et vous aurez à le définir au départ. Encore une fois, cela est un outil très utile pour se mettre d’accord sur un contexte de jeu commun aux deux personnes qui vont jouer. Elles vont pouvoir se concentrer uniquement sur les interactions entre les personnages et ne pas perdre d’énergie, de créativité à tenter d’imaginer, créer un univers (ou se rappeler d’un cadre imposé par le jeu).

Toutefois, avant tout cela, il va falloir vous mettre d’accord sur quelle attitude votre personnage va adopter durant votre fiction. Pour cela, il vous sera nécessaire de définir lequel des deux agira de manière volontaire et lequel agira principalement de manière involontaire. Cela signifie que les gestes, les paroles adressées à l’autre auront un sens différent selon le positionnement de votre personnage.

C’est crever l’abcès qui me ronge

La fiction se déroule en scènes, scènes qui ont toutes une thématique. Au nombre de huit, nous suivons l’évolution de la relation. Bien entendu, les cartes utilisées pour définir ces thématiques sont largement interprétables et sont plus des guides pour cadrer les scènes que des obligations à respecter.

C’est toujours le personnage qui agit de manière volontaire qui entame la scène (après s’être mis d’accord avec l’autre personne sur le cadrage). Et c’est toujours le personnage qui agit de manière involontaire qui clôt la scène.

Au cours de la scène, les personnages vont interagir, la tour Jenga n’entrant en jeu qu’à deux moments précis :
– lorsque le personnage prend la parole, la personne doit toucher la tour Jenga durant tout son dialogue,
– lorsque le personnage agit dans le sens d’un rapprochement (par des paroles ou des gestes), il devra retirer une brique de la tour et la positionner sur le sommet.

Le nombre de briques pouvant être retirées de la tour par scène est limité, conduisant ainsi souvent à la fin de la scène lorsque les personnages ne peuvent plus retirer de briques.

Les personnages vont alterner entre agir volontairement et involontairement pour signifier leur amour, tels deux danseurs où l’un guiderait et l’autre réagirait en retour.

Nul n’a le droit en vérité, de me blâmer

Le jeu se termine de deux manières :
– soit la tour s’effondre et les personnages succombent à leur désir
– soit la tour reste en place et la raison l’emporte, les personnages ne vivant pas leur amour.

Il faut reconnaitre que de parvenir à ce que la tour ne tombe pas est quelque chose de très compliquée. Pour y parvenir il faut être une personne jouant régulièrement à Jenga. De ce fait, ma sensation est que Alex Roberts, dans son choix de game design, a mis comme biais le fait que les personnages vont succomber. Personnellement, je trouve cela dommage car par ce choix, c’est plus le moment où la tour tombe qui est important plutôt que de savoir quel sera finalement le devenir de la relation.

Autre point qui m’a profondément déçu concerne la présence d’une échelle de réussite dans la relation après avoir succombé à la tentation. Cette dernière phase se réalise hors fiction, sans la jouer, et finalement, toujours à titre personnel, ce que devenaient les personnages m’importait peu, ce qui m’avait intéressé était toute la phase qui avait abouti à la situation finale.

Ce qu’ils en pensent ou disent ne pourrait rien y faire

En conclusion, Star Crossed d’Alex Roberts est un jeu qui nous a énormément plu. Certes, il n’est pas sans défaut (le principal pouvant être l’épilogue qui est parfaitement inutile à mes yeux), mais au-delà de ça, le jeu conduit à un ballet entre les personnages. La tour Jenga apporte un élément de tension significatif et l’on se prend à souhaiter (ou pas) qu’elle chute en fonction de la scène et de ce qu’on veut pour la fiction.

J’espère que vous avez autant apprécié ce debrief.

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Merci à vous !

Et portez-vous bien en Jidérie.

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